Tapez « nombre de jours ouvrés en 2026 » dans Google et vous obtiendrez 218, 251, 252 selon les sites. Trois réponses pour une seule question. Le pire, c’est que deux d’entre elles sont défendables : tout dépend de ce qu’on décide de retirer du calendrier.
Ce flou coûte cher. Une facture de consultant calculée sur le mauvais compteur, un solde de congés faux de cinq jours, un délai de préavis qui expire trop tôt. Le calcul des jours ouvrés paraît trivial jusqu’au moment où il faut le justifier devant un salarié ou un client.
Cet article donne la formule exacte, les chiffres vérifiés mois par mois pour 2026, les formules tableur qui automatisent le tout, et surtout les cas où les jours ouvrés ne sont pas le bon compteur.
Jour ouvré, jour ouvrable, jour calendaire : trois compteurs différents
Trois notions circulent, et elles ne donnent jamais le même résultat.
Le jour calendaire compte tous les jours, sans exception. Du 1er janvier au 31 décembre, samedis, dimanches et jours fériés inclus. Une semaine vaut 7 jours calendaires, une année en vaut 365 (366 les années bissextiles).
Le jour ouvrable correspond à tous les jours de la semaine sauf le jour de repos hebdomadaire, en pratique le dimanche, et sauf les jours fériés chômés. Le samedi compte, même si personne ne travaille dans l’entreprise ce jour-là. Une semaine standard vaut donc 6 jours ouvrables. C’est la notion que retient le Code du travail.
Le jour ouvré correspond aux jours réellement travaillés dans l’entreprise, du lundi au vendredi dans la plupart des cas, hors jours fériés. Cinq jours par semaine.
| Compteur | Semaine type | Ce qu’on retire | Usage principal |
|---|---|---|---|
| Calendaire | 7 jours | Rien | Préavis, rétractation, délais contractuels |
| Ouvrable | 6 jours | Dimanches + fériés | Congés payés (Code du travail) |
| Ouvré | 5 jours | Samedis, dimanches, fériés | Délais commerciaux, paie, facturation |
Une nuance sur le jour ouvrable : la définition part du repos hebdomadaire de l’entreprise, pas du samedi. Une boulangerie fermée le lundi à des jours ouvrables du mardi au dimanche. Le cas est rare mais il existe, et il suffit à faire dérailler un décompte automatique.
Dernier terme à ne pas confondre : le jour travaillé. Il retire en plus les congés du salarié. Un temps plein qui pose 25 jours de congés sur 252 jours ouvrés travaille 227 jours. La paie et la facturation client n’utilisent pas le même chiffre.
La formule de calcul des jours ouvrés entre deux dates
La logique tient en une ligne :
« Jours ouvrés = jours calendaires − samedis − dimanches − jours fériés tombant du lundi au vendredi »
—
Le troisième terme piège tout le monde. Un jour férié qui tombe un samedi ou un dimanche ne se retire pas : il est déjà sorti du calcul avec le week-end. Le retirer une seconde fois, c’est perdre un jour.
Appliquons à l’année 2026 complète :
- 365 jours calendaires
- moins 104 jours de week-end (52 samedis, 52 dimanches)
- moins 9 jours fériés tombant en semaine
- = 252 jours ouvrés
Vérification par l’addition : 252 + 104 + 9 = 365. Le compte tombe juste.
Pourquoi 9 et pas 11 ? La France métropolitaine compte 11 jours fériés légaux, mais en 2026 deux d’entre eux tombent le week-end : le 15 août est un samedi et le 1er novembre un dimanche. Ils ne retirent donc aucun jour ouvré.
Le calendrier des fériés 2026 :
| Jour férié | Date 2026 | Jour de la semaine | Retire un jour ouvré ? |
|---|---|---|---|
| Jour de l’an | 1er janvier | jeudi | oui |
| Lundi de Pâques | 6 avril | lundi | oui |
| Fête du Travail | 1er mai | vendredi | oui |
| Victoire 1945 | 8 mai | vendredi | oui |
| Ascension | 14 mai | jeudi | oui |
| Lundi de Pentecôte | 25 mai | lundi | oui |
| Fête nationale | 14 juillet | mardi | oui |
| Assomption | 15 août | samedi | non |
| Toussaint | 1er novembre | dimanche | non |
| Armistice 1918 | 11 novembre | mercredi | oui |
| Noël | 25 décembre | vendredi | oui |
Pour les jours ouvrables, la mécanique change : on ne retire que les dimanches et les fériés qui ne tombent pas un dimanche. Soit 365 − 52 − 10 = 303 jours ouvrables en 2026.
Et le chiffre de 218 qu’on croise parfois ? Il correspond à autre chose : les jours effectivement travaillés par un salarié à temps plein après déduction des congés payés et des RTT. Ce n’est pas un nombre de jours ouvrés, c’est un volume de travail annuel.

La méthode manuelle qui marche en trois étapes
Sans tableur sous la main, cette méthode donne le bon résultat en moins d’une minute. Elle repose sur les semaines complètes.
Étape 1 : compter les semaines entières. Divisez le nombre total de jours calendaires par 7. La partie entière donne le nombre de semaines complètes, chacune valant 5 jours ouvrés.
Étape 2 : traiter les jours restants un par un. Le reste de la division donne entre 0 et 6 jours. Repérez sur quels jours de la semaine ils tombent en partant de la date de début, et comptez uniquement ceux situés entre lundi et vendredi.
Étape 3 : retirer les fériés en semaine. Listez les jours fériés compris dans l’intervalle, éliminez ceux qui tombent un samedi ou un dimanche, soustrayez le reste.
Un exemple concret. Du lundi 1er juin au vendredi 31 juillet 2026 :
- 61 jours calendaires (30 + 31)
- 61 ÷ 7 = 8 semaines complètes, reste 5 jours → 8 × 5 = 40 jours ouvrés
- les 5 jours restants partent du lundi 27 juillet et vont au vendredi 31 juillet, soit 5 jours ouvrés de plus → 45
- un seul férié dans l’intervalle, le 14 juillet, qui tombe un mardi → 45 − 1 = 44 jours ouvrés
Attention à la convention de bornes. Ici les deux dates sont incluses. Si votre contrat parle d’un délai « à compter du » lendemain, la date de départ sort du décompte et le résultat change d’une unité. Cette question des bornes provoque autant d’erreurs que les jours fériés eux-mêmes.
Jours ouvrés 2026 : le tableau mois par mois
Le nombre de jours ouvrés varie de 17 à 22 selon les mois. Cet écart de cinq jours, soit près de 30 %, pèse lourd sur une facturation au jour ou sur une charge de production.
| Mois 2026 | Jours ouvrés | Jours ouvrables | Fériés |
|---|---|---|---|
| Janvier | 21 | 26 | 1 |
| Février | 20 | 24 | 0 |
| Mars | 22 | 26 | 0 |
| Avril | 21 | 25 | 1 |
| Mai | **17** | 22 | 4 |
| Juin | 22 | 26 | 0 |
| Juillet | 22 | 26 | 1 |
| Août | 21 | 25 | 1 |
| Septembre | 22 | 26 | 0 |
| Octobre | **22** | **27** | 0 |
| Novembre | 20 | 24 | 2 |
| Décembre | 22 | 26 | 1 |
| **Total** | **252** | **303** | **11** |
Mai 2026 est le mois noir de l’année avec quatre jours fériés en semaine : le 1er mai (vendredi), le 8 mai (vendredi), l’Ascension (jeudi 14) et le lundi de Pentecôte (25). Dix-sept jours ouvrés seulement. Une équipe qui planifie une livraison sur « un mois » en mai perd l’équivalent d’une semaine de production par rapport à juin.
Octobre 2026 fait l’inverse : 22 jours ouvrés, 27 jours ouvrables, zéro férié. C’est le mois le plus dense de l’année.
Sur trois années consécutives, l’écart reste sensible :
| Année | Jours ouvrés | Jours ouvrables | Fériés en semaine |
|---|---|---|---|
| 2025 | 251 | 302 | 10 |
| 2026 | 252 | 303 | 9 |
| 2027 | 254 | 304 | 7 |
2027 sera généreuse pour les employeurs et moins pour les salariés : trois jours fériés tombent le week-end, ce qui pousse le total à 254 jours ouvrés.
Automatiser le calcul des jours ouvrés dans Excel et Google Sheets
Aucune raison de compter à la main de façon répétée. Les tableurs intègrent des fonctions dédiées, et elles fonctionnent à l’identique sur Excel, LibreOffice et Google Sheets.
NB.JOURS.OUVRES est la fonction de base. Syntaxe :
` =NB.JOURS.OUVRES(date_début ; date_fin ; [jours_fériés]) `
Elle exclut automatiquement les samedis et dimanches. Le troisième argument, facultatif, pointe vers une plage de cellules contenant vos jours fériés. Sans lui, les fériés sont comptés comme des jours ouvrés et le résultat est faux.
Le réflexe à prendre : créer un onglet « Fériés » avec les 11 dates de l’année, puis référencer cette plage dans toutes vos formules. Une mise à jour annuelle et tous vos calculs suivent.
` =NB.JOURS.OUVRES(A2 ; B2 ; Fériés!$A$1:$A$11) `
NB.JOURS.OUVRES.INTL sert quand le week-end n’est pas samedi-dimanche. Un quatrième argument code le repos hebdomadaire : 1 pour samedi-dimanche, 7 pour vendredi-samedi, 11 pour dimanche seul. Cette dernière valeur donne d’ailleurs le nombre de jours ouvrables, dimanche étant le seul jour retiré.
` =NB.JOURS.OUVRES.INTL(A2 ; B2 ; 11 ; Fériés!$A$1:$A$11) `
SERIE.JOUR.OUVRE répond à la question inverse : à quelle date arrive-t-on après X jours ouvrés ? Utile pour annoncer une date de livraison ou calculer la fin d’une mission.
` =SERIE.JOUR.OUVRE(AUJOURDHUI() ; 30 ; Fériés!$A$1:$A$11) `
Deux détails qui font perdre du temps. D’abord, NB.JOURS.OUVRES inclut les deux bornes : du lundi au vendredi de la même semaine, elle renvoie 5, pas 4. Ensuite, si vos dates sont stockées en texte plutôt qu’en format date, la fonction renvoie une erreur #VALEUR!. Un passage par DATEVAL règle le problème.
Sur Google Sheets, les mêmes noms fonctionnent en interface française. En interface anglaise, cherchez NETWORKDAYS, NETWORKDAYS.INTL et WORKDAY.
Congés payés : pourquoi le Code du travail raisonne en jours ouvrables
Voilà le point où le calcul en jours ouvrés devient carrément hors sujet.
L’article L3141-3 du Code du travail accorde 2,5 jours ouvrables de congé par mois de travail effectif, plafonnés à 30 jours ouvrables par an. Cinq semaines. Pas 25 jours ouvrés, 30 jours ouvrables. La loi ne parle jamais de jours ouvrés sur ce sujet.
En pratique, beaucoup d’entreprises décomptent en jours ouvrés parce que leur logiciel de paie fonctionne ainsi et que les salariés comprennent mieux. C’est autorisé, à une condition posée par la jurisprudence : le salarié ne doit rien y perdre. L’équivalence retenue est 30 jours ouvrables = 25 jours ouvrés.
La différence se voit sur une semaine de congé. En jours ouvrables, un salarié qui pose du lundi au vendredi se voit décompter 6 jours, samedi compris, alors qu’il ne travaille pas le samedi. En jours ouvrés, on lui décompte 5 jours. Le solde annuel arrive au même endroit, mais le rythme de consommation diffère.
Le piège se referme sur les semaines contenant un jour férié. Un férié chômé tombant un jour ouvrable ne se décompte pas des congés. Un salarié en congé la semaine du 11 novembre 2026 (mercredi) consomme 5 jours ouvrables au lieu de 6, ou 4 jours ouvrés au lieu de 5.
Et la journée de solidarité ? Elle ajoute 7 heures de travail non rémunérées, souvent placées sur le lundi de Pentecôte. Elle ne modifie ni le nombre de jours ouvrés de l’année ni le droit à congés. Elle transforme simplement un jour chômé en jour travaillé quand l’accord d’entreprise le prévoit.
Alsace-Moselle et outre-mer : les calendriers qui décalent tout
Le chiffre de 252 jours ouvrés vaut pour la France métropolitaine hors Alsace-Moselle. Ailleurs, il faut ajuster.
Le Bas-Rhin, le Haut-Rhin et la Moselle bénéficient de deux jours fériés supplémentaires hérités du droit local : le Vendredi saint et le 26 décembre. En 2026, le Vendredi saint tombe le 3 avril, un vendredi. Le 26 décembre tombe un samedi et ne change rien. Résultat : 251 jours ouvrés en Alsace-Moselle en 2026, un de moins qu’ailleurs.
Les départements et régions d’outre-mer ajoutent chacun leur date de commémoration de l’abolition de l’esclavage : 27 avril à Mayotte, 22 mai en Martinique, 27 mai en Guadeloupe, 10 juin en Guyane, 20 décembre à La Réunion. Une entreprise multisite qui applique le calendrier métropolitain à un établissement réunionnais fausse à la fois sa paie et ses délais.
Pour un contrat signé avec une entreprise étrangère, la question se pose autrement : les jours fériés à retenir sont ceux du pays d’exécution, pas ceux du siège. Un délai de 10 jours ouvrés annoncé à un client allemand fin décembre n’a pas la même durée réelle qu’en France.
Les délais légaux que presque tout le monde compte de travers
Beaucoup de sites affirment que le délai de rétractation d’un achat en ligne est de « 14 jours ouvrés ». C’est faux. L’article L221-18 du Code de la consommation fixe ce délai à 14 jours calendaires. La confusion coûte plusieurs jours à qui la commet.
Une règle générale sauve la mise dans la plupart des cas : quand un délai exprimé en jours calendaires expire un samedi, un dimanche ou un jour férié, il se prolonge jusqu’au premier jour ouvrable suivant. Le délai reste calendaire, seule son échéance glisse.
Quelques repères pour ne plus hésiter :
- Rétractation d’un achat à distance : 14 jours calendaires à compter de la réception du bien
- Rétractation d’une rupture conventionnelle : 15 jours calendaires à compter du lendemain de la signature
- Homologation d’une rupture conventionnelle par la DREETS : 15 jours ouvrables à compter de la réception du dossier, avec homologation tacite au terme du délai
- Préavis de démission ou de licenciement : jours calendaires, sauf disposition conventionnelle contraire
- Délais de livraison commerciaux : jours ouvrés dans l’immense majorité des conditions générales de vente
Le cas de la rupture conventionnelle résume bien le problème : deux délais qui se suivent dans la même procédure, l’un calendaire, l’autre ouvrable. Se tromper de compteur sur le second peut invalider l’homologation.
Un conseil de rédaction contractuelle : écrivez toujours « jours ouvrés » ou « jours calendaires » en toutes lettres. Le mot « jours » seul est interprété comme calendaire par les tribunaux, ce qui n’est presque jamais l’intention de celui qui a rédigé la clause.
Cinq erreurs qui faussent un calcul de jours ouvrés
Retirer deux fois un jour férié. L’erreur la plus fréquente. Le 15 août 2026 tombe un samedi : il est déjà exclu par le week-end. Le soustraire à nouveau fait perdre un jour ouvré.
Oublier les bornes. Du 1er au 5 juin : cinq jours ou quatre ? Selon que la date de début est incluse ou non. Fixez la convention avant de calculer, pas après.
Réutiliser le calendrier de l’année précédente. Trois jours fériés ont une date mobile (Pâques, Ascension, Pentecôte) et se déplacent chaque année. Un fichier Excel dont l’onglet fériés n’a pas été mis à jour produit des résultats faux jusqu’à la fin de l’exercice.
Confondre jours ouvrés et jours travaillés. Pour facturer une prestation, le bon compteur est le nombre de jours réellement passés sur la mission. Un consultant qui facture 252 jours par an facture ses propres congés…
Appliquer un compteur uniforme à toute l’entreprise. Établissement en Alsace, boutique ouverte le samedi, atelier fermé le lundi : trois calendriers différents dans la même structure. Un paramétrage unique dans le SIRH génère des écarts de paie qui remontent tôt ou tard.
Questions fréquentes sur le calcul des jours ouvrés
▸Comment faire un calcul de jours ouvrés entre deux dates rapidement ?
▸Combien y a-t-il de jours ouvrés dans un mois en moyenne ?
▸Le calcul des jours ouvrés inclut-il les jours fériés ?
▸Une calculatrice de jours ouvrés en ligne est-elle fiable ?
▸Le samedi compte-t-il dans le calcul des jours ouvrés ?
▸Comment calculer les jours ouvrés sur une année complète ?
▸Quelle différence entre jours ouvrés et jours travaillés ?
Ce qu’il faut retenir
Le calcul lui-même n’a rien de sorcier : une soustraction et un calendrier des jours fériés à jour. La vraie difficulté se situe en amont, dans le choix du compteur. Jours ouvrés pour les délais commerciaux et la facturation, jours ouvrables pour les congés payés, jours calendaires pour les préavis et les rétractations.
Mon conseil après avoir vu passer pas mal de litiges sur ce sujet : construisez un onglet « fériés » par pays et par région dans vos outils, mettez-le à jour en décembre pour l’année suivante, et bannissez le mot « jours » seul de vos contrats.
La limite de l’exercice, c’est qu’aucune formule ne remplace la lecture de la convention collective applicable. Certaines branches imposent leur propre mode de décompte des congés, d’autres ajoutent des jours fériés conventionnels. Le tableur donne un chiffre, le texte applicable donne la règle.


