Convention collective paysagiste : salaires, droits et obligations (IDCC 7018)

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Convention collective paysagiste : salaires, droits et obligations (IDCC 7018)

Un salarié qui taille une haie chez un particulier le matin et qui pose des bordures sur un chantier l’après-midi ne relève pas du même cadre qu’un employé de bureau. Les entreprises du paysage ont leur propre texte de référence : la convention collective nationale des entreprises du paysage, identifiée par l’IDCC 7018 et la brochure 3617.

Ce texte fixe les règles du jeu entre employeurs et salariés du secteur. Salaires minimums, temps de travail sur les chantiers, indemnités de déplacement, congés, rupture du contrat : tout y passe. Et il y à une particularité que beaucoup oublient, le secteur relève du régime agricole, pas du régime général. Ça change pas mal de choses au quotidien.

Voici ce que contient vraiment cette convention, avec les chiffres à jour pour 2026.

La convention collective des entreprises du paysage en bref

La convention a été signée le 10 octobre 2008 et elle est entrée en vigueur le 25 mars 2009. Son numéro IDCC est le 7018, sa brochure au Journal officiel porte le numéro 3617. Côté patronal, c’est l’UNEP, l’organisation des Entreprises du Paysage, qui l’a négociée.

Elle s’applique sur tout le territoire métropolitain, Corse comprise, ainsi que dans les DOM. Peu importe le type de contrat du salarié : CDI, CDD, contrat saisonnier, apprentissage. Dès que l’entreprise entre dans le champ d’application, le texte s’impose.

Ce qu’elle encadre ? Les classifications des emplois, les salaires minimums, les majorations d’heures, les congés, la prévoyance et les règles de sécurité. C’est la base réglementaire de toute la branche du paysage. Dans le langage courant, on parle souvent de « convention collective des paysagistes », mais l’intitulé officiel reste « entreprises du paysage ».

Comment savoir si vous dépendez de la convention collective paysagiste

Tout part du code NAF. Quand une entreprise s’immatricule, l’INSEE lui attribue un code d’activité. Pour le paysage, c’est le 8130Z, intitulé « Services d’aménagement paysager ». Si c’est votre code, vous dépendez presque à coup sûr de l’IDCC 7018.

Mais le code NAF n’est qu’un indice. Ce qui compte vraiment, c’est l’activité réelle de l’entreprise. La convention liste précisément les travaux concernés :

  • réalisation et entretien de parcs, jardins et aménagements paysagers ;
  • paysagisme d’intérieur ;
  • entretien des espaces engazonnés des terrains de sport ;
  • engazonnement par projection, application de produits phytopharmaceutiques ;
  • reboisement, élagage, débroussaillage, abattage d’arbres d’alignement et d’ornement ;
  • arrosage automatique lié à l’aménagement paysager ;
  • végétalisation, génie végétal et génie écologique ;
  • petits travaux de jardinage via les services à la personne agréés ;
  • maçonnerie paysagère liée à la réalisation d’ouvrages paysagers.

Un doute subsiste ? Le bulletin de paie doit mentionner la convention applicable. Si la case est vide ou indique une autre CCN alors que l’activité colle à la liste ci-dessus, il y a matière à vérifier.

Le régime agricole : ce que la MSA change pour les paysagistes

Le régime agricole : ce que la MSA change pour les paysagistes

Voilà le point que les guides généralistes survolent. Les entreprises du paysage ne cotisent pas à l’URSSAF mais à la MSA, la Mutualité Sociale Agricole. Historiquement, le paysage est rattaché à l’agriculture, et ce rattachement n’a rien d’anecdotique.

Concrètement, la MSA gère la santé, les accidents du travail, la retraite et les allocations familiales des salariés paysagistes. Un guichet unique au lieu de plusieurs interlocuteurs. Les taux de cotisations diffèrent parfois de ceux du régime général, et certaines démarches (déclaration d’embauche, arrêt de travail) passent par des formulaires spécifiques à la MSA.

Pour l’employeur, ça veut dire un interlocuteur dédié pour tout ce qui touche au social. Pour le salarié, des droits équivalents à ceux du régime général, mais une caisse différente. Un paysagiste qui change de secteur, par exemple pour rejoindre le bâtiment, bascule alors vers l’URSSAF. C’est le genre de détail qui complique parfois les reconstitutions de carrière au moment de la retraite.

Grille de salaire paysagiste 2026 : ouvriers, techniciens et cadres

La rémunération repose sur une grille de classification à trois grands étages : les ouvriers et employés, les techniciens et agents de maîtrise (TAM), puis les cadres. Chaque position a son minimum.

Pour les ouvriers et employés, au 1er janvier 2026 :

PositionTaux horaire brutSalaire mensuel brut
O112,12 €1 838,24 €
O212,18 €1 847,34 €
O312,30 €1 865,54 €
O412,59 €1 909,53 €
O512,95 €1 964,13 €
O613,56 €2 056,65 €
E112,12 €1 838,24 €
E212,30 €1 865,54 €
E312,67 €1 921,66 €
E413,56 €2 056,65 €

On voit tout de suite que les premiers échelons frôlent le SMIC. Un jardinier débutant classé O1 démarre à 1 838,24 € brut par mois. La progression entre O1 et O6 reste modeste… un peu plus de 200 € d’écart mensuel sur six échelons.

Pour les techniciens et agents de maîtrise (base 151,67 heures) :

PositionSalaire mensuel brut
TAM 12 242 €
TAM 22 352 €
TAM 32 535 €
TAM 42 756 €

Les TAM en forfait jours (218 jours) touchent un peu plus, de 2 578 € pour le TAM 1 à 3 169 € pour le TAM 4.

Côté cadres, la grille s’exprime en salaire annuel brut :

PositionSalaire annuel brut
C38 147 €
C142 336 €
C242 336 €
C344 100 €
C445 424 €
C548 510 €
DD’un commun accord

La position D, réservée aux cadres dirigeants, ne fixe pas de minimum : le salaire se négocie directement. Ces grilles sont révisées par avenant, en général chaque année. Mieux vaut donc vérifier la date du dernier accord de salaires avant de s’appuyer sur un chiffre.

Temps de travail : annualisation, heures sup et intempéries

Le métier dépend de la météo et des saisons. La convention l’a intégré en autorisant l’annualisation du temps de travail sur une période de 12 mois maximum. En clair, on travaille plus au printemps quand les chantiers s’enchaînent, moins en plein hiver. La durée annuelle de référence est de 1 600 heures, auxquelles s’ajoutent 7 heures au titre de la journée de solidarité.

La rémunération, elle, ne suit pas ces variations. Elle est lissée sur 151,67 heures par mois, quel que soit le volume réel travaillé. Ça évite au salarié de voir sa paie chuter pendant la basse saison.

Les heures supplémentaires commencent au-delà de 35 heures par semaine. Les 8 premières sont majorées à 25 %, les suivantes à 50 %. Le contingent annuel est fixé à 350 heures par salarié, calculé sur l’année civile. Au-delà, une contrepartie en repos s’ajoute : 50 % des heures pour les entreprises de 20 salariés au plus, 100 % au-delà de 20 salariés.

Un employeur peut aussi remplacer le paiement par du repos compensateur. Le barème :

Repos accordéPour
1 h 15 (1,25 h)chacune des 8 premières heures sup
1 h 30 (1,5 h)chacune des heures sup suivantes

Le travail de nuit reste exceptionnel dans le paysage. Il se situe entre 21 heures et 6 heures, avec une majoration de 50 %. Le travail le dimanche ou un jour férié grimpe à 100 % de majoration. Petite nuance pour les paysagistes d’intérieur : cette majoration tombe à 50 %. Côté repos, la convention garantit 11 heures consécutives par jour et 24 heures le dimanche, à cumuler avec le repos quotidien.

Primes et indemnités propres au métier

C’est souvent là que se joue la différence sur la fiche de paie. Le paysagiste travaille dehors, se déplace de chantier en chantier, manipule parfois des matières peu engageantes. La convention prévoit des compensations.

La prime de travaux insalubres concerne les ouvriers et employés. Taille de lierre ou de vigne vierge en zone urbaine, nettoyage de gouttières, curage d’égouts, évacuation de détritus en putréfaction : pour chaque heure passée sur ce type de tâche, le salarié touche une prime d’au moins 10 % de sa rémunération horaire de base. La liste n’est pas fermée, d’autres travaux salissants peuvent y entrer.

Les déplacements méritent qu’on s’y attarde. Quand le temps de trajet vers le chantier compte comme du travail effectif, le salarié reçoit une indemnité de panier égale à 2,5 fois le minimum garanti (MG). La notion de zone joue aussi : un trajet est considéré comme « normal » tant qu’il reste dans un rayon de moins de 50 km autour du siège, de l’agence ou du dépôt. Au-delà, les règles d’indemnisation changent.

Dernière prime à connaître, la prime de naissance prévue par le régime de prévoyance pour les TAM et les cadres : 250 € par enfant pour les deux premiers, 350 € à partir du troisième. Le montant est identique pour le régime Alsace-Moselle, qui garde par ailleurs ses propres garanties santé.

Congés payés et absences pour événements familiaux

Rien d’exotique sur les congés payés : 2,5 jours ouvrables par mois de travail effectif, dans la limite de 30 jours ouvrables par an. La période de référence court du 1er mai au 31 octobre, ce qui colle aux pics d’activité du secteur.

Les absences pour événements familiaux suivent un barème conventionnel. Attention, la loi fixe des minimums qui priment quand ils sont plus favorables.

ÉvénementCongé conventionnel
Mariage ou PACS du salarié4 jours
Mariage d’un enfant2 jours
Naissance ou adoption3 jours
Décès d’un enfant5 jours
Décès du conjoint, concubin ou partenaire de PACS4 jours
Décès du père, de la mère, d’un beau-parent, frère ou sœur3 jours
Décès d’un grand-parent, beau-frère ou belle-sœur1 jour
Annonce du handicap d’un enfant2 jours

Pour le décès d’un enfant, le code du travail va plus loin que la convention : 12 jours, voire un congé de deuil de 8 jours supplémentaires si l’enfant avait moins de 25 ans. C’est la disposition légale qui s’applique alors.

Il existe aussi un congé pour enfant malade de moins de 16 ans, non rémunéré, plafonné à 3 jours par an sur présentation d’un certificat médical. Cette durée passe à 5 jours si l’enfant a moins d’un an ou si le salarié a au moins trois enfants de moins de 16 ans.

Période d’essai, préavis et rupture du contrat

La durée de la période d’essai dépend de la catégorie. Plus on monte dans la grille, plus elle s’allonge.

CatégorieDuréeRenouvellement
Ouvriers O1 à O31 mois1 mois
Ouvriers O4 à O62 mois2 mois
Employés E1 à E21 mois1 mois
Employés E3 à E42 mois2 mois
Techniciens et agents de maîtrise2 mois2 mois
Cadres4 mois4 mois

Le renouvellement n’est jamais automatique. Il faut un écrit signé par les deux parties, au moins 4 jours ouvrables avant la fin de la période d’essai initiale. Sans ça, le contrat devient définitif.

En cas de licenciement, l’indemnité est due dès 8 mois d’ancienneté ininterrompue, sauf faute grave ou lourde. Le calcul : un quart de mois de salaire par année jusqu’à 10 ans, puis un tiers de mois par année au-delà. Un salarié avec 14 ans de maison cumule donc les deux tranches.

Le préavis, lui, varie selon la catégorie et l’ancienneté. Un ouvrier en début de carrière n’a pas le même délai qu’un cadre confirmé. Comme ces durées font partie des points souvent renégociés, le mieux reste de se référer à la version à jour du texte avant d’envoyer une lettre de démission ou de licenciement.

Prévoyance et mutuelle : les garanties obligatoires

Le secteur dispose d’un régime de prévoyance et de frais de santé propre, mis en place par accord. Il couvre les arrêts de travail, l’invalidité, le décès et complète les remboursements de la MSA. Le maintien de salaire en cas d’arrêt maladie passe par ce dispositif, sous conditions d’ancienneté.

Les TAM et les cadres ont des garanties renforcées, dont la prime de naissance évoquée plus haut. L’Alsace-Moselle conserve un tableau de garanties distinct, conséquence du régime local d’assurance maladie en vigueur dans ces départements. Pour un employeur, souscrire le contrat collectif conforme au régime de branche n’est pas optionnel : c’est une obligation, et un défaut d’affiliation expose à des rappels.

Questions fréquentes sur la convention collective paysagiste

Quel est le numéro IDCC de la convention collective paysagiste ?

La convention collective paysagiste porte l’IDCC 7018. Sa brochure au Journal officiel est la 3617. L’intitulé exact est « convention collective nationale des entreprises du paysage », signée le 10 octobre 2008.

Quel est le salaire minimum d’un paysagiste en 2026 ?

Au 1er janvier 2026, un ouvrier paysagiste débutant classé en position O1 touche au minimum 1 838,24 € brut par mois, soit 12,12 € de l’heure. Les positions supérieures montent jusqu’à 2 056,65 € brut pour un O6, et bien davantage pour les techniciens et cadres.

Les paysagistes dépendent-ils du régime agricole ?

Oui. Les entreprises du paysage relèvent du régime agricole et cotisent à la MSA, pas à l’URSSAF. La MSA gère la santé, la retraite et les accidents du travail des salariés du secteur.

Comment savoir si je dépends de la convention collective des entreprises du paysage ?

Le code NAF 8130Z « Services d’aménagement paysager » est le premier indice. Ce qui tranche vraiment, c’est l’activité réelle : création ou entretien d’espaces verts, élagage, engazonnement, génie écologique. La convention applicable doit figurer sur votre bulletin de paie.

Quelles primes prévoit la convention collective paysagiste ?

Le texte prévoit notamment une prime de travaux insalubres d’au moins 10 % de la rémunération horaire, une indemnité de panier égale à 2,5 fois le minimum garanti, et une prime de naissance de 250 à 350 € pour les TAM et cadres au titre de la prévoyance.

Ce qu’il faut retenir

Après avoir épluché le texte, deux choses ressortent. D’abord, le rattachement à la MSA reste le point le plus mal connu, alors qu’il conditionne toute la protection sociale du salarié. Ensuite, les grilles de salaire collent de très près au SMIC sur les premiers échelons, ce qui pèse sur l’attractivité d’un métier pourtant en tension.

La convention paysagiste fait correctement son travail sur les spécificités du terrain : annualisation pour absorber les saisons, indemnités de déplacement, prime pour les tâches ingrates. Son point faible, c’est la lisibilité. Entre les renvois au code du travail, les barèmes révisés chaque année et le régime particulier d’Alsace-Moselle, un employeur de TPE a vite fait de s’y perdre. Le réflexe utile : vérifier la date du dernier avenant avant de s’appuyer sur un chiffre, et garder le numéro 7018 sous la main pour retrouver le texte officiel.

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